Dan Horner

Published on August 11, 2016

Dan Horner is assistant professor at Ryerson University, Department of Criminology. He holds a PhD in History from York University. His research focuses on the notion of public order and crowd events in nineteenth-century urban contexts.


An interview by Martin Robert, in preparation of the communication to be given on August 31 at 10:30 a.m. entitled « Policing the Disorderly Migrant on Montreal’s Urban Fringe, 1840-1850. »


What was your original interrogation when you started to study crowd events in nineteenth-century Montreal for your doctoral dissertation?

When I first embarked on my doctoral project my plan was to write about protest and political violence on the streets of nineteenth-century Montreal. When I began combing through the newspapers in search of reports on this, however, I realized how collective violence was unfolding against the backdrop of a much wider array of crowd events—parades, religious processions, public celebrations and funeral processions—to give just a few examples. The riots that had originally pulled me towards this topic were, in other words, just one example of many of people using the streets of a tumultuous urban environment like mid-nineteenth-century Montreal to advance their political agenda; policing riots was just one way that civic elites were wrapping their heads around the project of making an orderly city—organizing parades and other crowd events were also an important tool at their disposal.

Lire la suite…

François Deschamps

Publié le 28 juillet 2016*

François Deschamps est candidat au doctorat en histoire à l’UQAM sous la direction de Martin Petitclerc et Donald Fyson. Il a complété un mémoire de maîtrise en histoire en 2011, sous la supervision de Jean-Marie Fecteau, dans lequel il a analysé le discours radical tory au Bas-Canada, de 1835 à 1840, sa source documentaire largement inédite étant le journal Montreal Herald. Son mémoire lui a valu le 3e prix de la Fondation Jean-Charles Bonenfant. Une version adaptée de ses recherches a été publiée en 2015 aux Presses de l’Université Laval, sous le titre La « rébellion de 1837 » à travers le prisme du Montreal Herald, la refondation par les armes des institutions politiques canadiennes.


Entrevue par Benoit Marsan, en vue de la communication qui aura lieu le 31 août à 10 h 30 intitulée « Citoyenneté, État, sécurité publique : les limites de la liberté d’association au Bas-Canada, 1835-1838 ».


Benoit Marsan : Comment s’articule la question sociale dans le Bas-Canada des années 1830 et plus particulièrement comment se pose-t-elle à la lumière des rébellions de 1837 et 1838 ?

François Deschamps : Bonne question, un peu embêtante même. La considération du contexte global des années 1830 est fondamentale. Dans l’historiographie des dernières années, le concept de « révolution atlantique » joue un rôle englobant. La période s’ouvre avec la guerre civile britanno-américaine (1774-1783), relayée par les phases de radicalisation et d’extension de la Révolution française à l’Europe puis aux Amériques avec l’effondrement du système colonial espagnol et portugais. Le ferment secret de toute cette période de turbulence a trait peut-être au scandale de la traite des Noirs et à l’esclavagisme. Le haut risque de révolte effraie les élites coloniales. Après 1815, en dépit de la Pax britannica, les poussées démocratiques continuent à perturber l’ordre social en Angleterre jusqu’au Reform Bill de 1832 où les bases de la démocratie parlementaire moderne sont jetées. L’aspiration républicaine des Patriotes se situe à la queue de cette nébuleuse. On ne peut lui rendre justice sans la recadrer dans le contexte de tutelle coloniale britannique et le mouvement migratoire de masse en partance des îles britanniques vers l’Amérique du Nord. À la fin du premier tome de la Démocratie en Amérique, Tocqueville prend en bloc d’ailleurs le monde anglo-américain et évalue le sort des perdants : les esclaves noirs, les Amérindiens et, quand on lit bien, en filigrane, les Canadiens.

Lire la suite…

Caroline Durand

Publié le 26 juillet 2016*

Grâce à son ouvrage récent, Nourrir la machine humaine (2015), Caroline Durand est reconnue comme la spécialiste de l’histoire politique de la construction des normes associées à la bonne alimentation au Canada. Sa présentation s’inscrira dans une séance sur les politiques du corps dans les années 1960 à 1970. L’historienne abordera la question sociale du point de vue de l’alimentation et de la santé et explorera, plus particulièrement, l’évolution des pratiques de consommation à la lumière de nouvelles exigences normatives associées à la compétence citoyenne. Derrière la panoplie de discours normatifs ciblant avec une intensité nouvelle « le consommateur » de denrées alimentaires et l’enjoignant à cultiver sa santé, on peut lire un projet politique et comprendre comment se réorganise le lien entre l’État et le corps de ses citoyens


Propos recueillis et mis en forme par Martin Robert, en vue de la communication qui aura lieu le 2 septembre à 13 h 30 intitulée « Consommateur averti, citoyen compétent, individu bien nourri? Alimentation, consommation et nutrition durant les années 1970 ».


Martin Robert : Comment cette idée de communication s’inscrit-elle dans vos recherches ?

Caroline Durand : Le point de départ de mon idée de communication, c’est l’instauration par le gouvernement fédéral en 1973 d’une commission d’enquête, La commission de surveillance du prix des produits alimentaires pour répondre à une pression sociale qui se plaignait de la hausse du coût de la vie. On sort du front commun de 1972, les mouvements sociaux ont des discours extrêmement militants, très radicaux. Le gouvernement fédéral tente de calmer les ardeurs et cette commission d’enquête est une des manières par lesquelles il tente de montrer qu’il se préoccupe de la hausse du coût de la vie. Cette commission a publié une soixantaine de rapports, dont certains s’adressent directement à la population et formulent une série de discours normatifs sur les manières d’être un bon consommateur dans la société de consommation moderne.

Lire la suite…

Isabelle Perreault

Publié le 4 juillet 2016*

Isabelle Perreault est historienne professeure adjointe au département de criminologie de l’Université d’Ottawa. Elle est membre du projet de recherche Sociologie historique du suicide au Québec, 1763-2000.


Propos recueillis et mis en forme par Martin Robert, en vue de la communication qui aura lieu le 2 septembre à 13 h 30 intitulée « Les débats moraux autour des projets de lois sur l’avortement et la tentative de suicide au Canada, 1969-1972 ».


Martin Robert : Pourquoi penser ensemble suicide et avortement ?

Isabelle Perreault : Bien sûr, la question du suicide et celle de l’avortement sont différentes, entre autres parce que le fœtus n’est plus considéré comme une personne juridique dans le droit canadien, il n’a donc pas les droits reconnus à une personne. Le suicide concerne des personnes juridiques réputées rationnelles. Pourquoi penser ensemble le suicide et l’avortement ? Parce que souvent, les personnes qui sont pour l’avortement sont aussi contre le suicide, ce qui peut sembler paradoxal. J’ai voulu comprendre pourquoi. Politiquement parlant, je suis pro-choix dans les deux cas, mais par mes recherches, je cherche moins à justifier l’avortement ou le suicide qu’à savoir comment on les a conçus dans l’histoire.

Lire la suite…

David Niget

Publié le 23 juin 2016*

David Niget est maître de conférences en histoire à l’Université d’Angers, affilié au Centre de recherches historiques de l’Ouest (CNRS, France) et au Centre d’histoire des régulations sociales (UQAM, Québec). Reconnu pour ses travaux sur la rééducation des mineurs au Québec, en France et en Belgique, il place l’agentivité historique de la jeunesse au cœur de ses recherches. Sa réflexion actuelle sur l’observation médico-pédagogique, qui se développe en France, en Belgique et au Québec entre 1945 et 1970, vise à mettre en lumière l’ascension des experts dans la définition et le traitement de la délinquance juvénile, révélant ainsi le double mouvement instauré par ces nouvelles approches : incitation à l’autonomisation des jeunes en tant que citoyens en devenir, d’une part, et subjectivation croissante de ces mêmes jeunes, ciblés par des thérapies nouvelles invasives de leur intimité psychique, de l’autre. Il ne s’agit ainsi pas uniquement de dévoiler les processus de prise en charge mais aussi d’examiner la réaction des jeunes à l’endroit de ceux-ci.


Entrevue par Cory Verbauwhede, en vue de la communication qui aura lieu le 1er septembre à 11 h intitulée « Sciences du psychisme et citoyenneté dans les institutions de rééducation pour jeunes délinquantes en France et en Belgique (1945-1970) ».


Cory Verbauwhede : Parlez-nous de votre parcours.

David Niget : Ma recherche doctorale, sous la direction de Jean-Marie Fecteau, fondateur du Centre d’histoire des régulations sociales dont je suis un chercheur affilié, a porté sur la mise en place du Tribunal pour enfants en France et au Québec. J’ai voulu apporter une perspective non-institutionnelle et non-juridique à une histoire qui demeure très classique dans son ensemble, en centrant mon travail sur les jeunes et leur « expérience sociale ». Je me suis d’abord intéressé à la première période d’existence du tribunal, de sa fondation en 1912 au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, puis un poste de recherche postdoctorale à l’Université catholique de Louvain (UCL) m’a permis d’étendre la période étudiée jusqu’aux années 1950-1960, en me penchant sur le cas, passionnant, de la Belgique.

CV : Comment distingueriez-vous votre approche d’une historiographie plus « classique »?

DN : Lorsque j’étais aux études, l’histoire sociale se concentrait de plus en plus sur les acteurs, en suivant les propositions épistémologiques de Boltanski par exemple. Dans mon domaine, cela impliquait de s’intéresser au « sujet juvénile » qui fait face aux systèmes de normes instaurés par les institutions bien plus qu’aux institutions elles-mêmes. Je suis donc un chercheur de mon époque.

Lire la suite…

Sciences du psychisme et citoyenneté dans les institutions de rééducation pour jeunes délinquantes en France et en Belgique (1945-1970)

David Niget
Jeudi le 1er septembre 2016 à 11 h

Réputé pour ses travaux sur la rééducation des mineurs au Québec, en France et en Belgique, David Niget (U. d’Angers, France) est un collaborateur très assidu du Centre d’histoire des régulations sociales. Sa réflexion sur l’observation médico-pédagogique, qui se développe en France entre 1945 et 1970, permettra de mettre en lumière l’ascension des experts dans la définition et le traitement de la délinquance juvénile. Ses réflexions révèleront le double mouvement instauré par ces nouvelles approches : incitation à l’autonomisation des jeunes, d’une part (en tant que citoyens en devenir), et subjectivation croissante de ces mêmes jeunes, ciblés par des thérapies nouvelles invasives de leur intimité psychique, d’autre part. Il ne s’agira pas de dévoiler uniquement les processus de prise en charge, mais d’examiner la réaction des jeunes à l’endroit de ceux-ci. L’agentivité historique de la jeunesse sera donc au coeur de la réflexion.

Lire la suite…

Citoyenneté, État, sécurité publique : les limites de la liberté d’association au Bas-Canada, 1835-1838

François Deschamps
Mercredi le 31 août, 10 h 30

François Deschamps, étudiant au doctorat à l’UQAM, vient de publier un ouvrage important sur l’histoire de la violence au temps de la crise révolutionnaire des années 1830 au Bas-Canada. Il proposera une analyse de la constitution d’un « peuple républicain » dans le Québec des Rébellions, de 1835 à 1838. Dans un contexte de crise de l’État impérial britannique, avec un affaiblissement des institutions politiques et judiciaires, des groupes de citoyens, politisés, se forment. Cet associationnisme militant, non reconnu par le pouvoir colonial qui solde la question par une opération militaire de maintien de l’ordre, témoigne pourtant de l’invention d’un peuple républicain dans le Québec de la transition au capitalisme. Ces travaux neufs, proposés par un jeune chercheur, relèvent également de la valorisation de la formation universitaire dans les activités de recherche du CHRS.

Lire la suite…

Limiting Work Time in Late Nineteenth and Early Twentieth Century Montreal: Gender, Class and the Problem of Social Regulation in a Liberal Era

Jarrett Rudy
Mercredi le 31 août à 15 h 30

Jarret Rudy, professeur d’histoire sociale et culturelle à l’Université McGill, a été récemment récompensé (2013) par la Canadian Historical Review pour son article sur les conflits socio-politiques entourant la question, hautement polémique à l’époque, de l’heure avancée. Cette réflexion très originale sur le temps sera poursuivie ici par l’analyse de l’expérience de classe des ouvriers au XIXe siècle montréalais, à travers la régulation du temps de travail. La contribution de J. Rudy pourra montrer comment la libération du temps a pu participer à la constitution de nouvelles formes de citoyenneté. La présence de J. Rudy permettra, en outre, de maintenir le lien entre les travaux du CHRS et les chantiers ouverts par le Groupe d’histoire de Montréal, collectif d’histoire sociale dont il est un des représentants très actif.Jarret Rudy, professeur d’histoire sociale et culturelle à l’Université McGill, a été récemment récompensé (2013) par la Canadian Historical Review pour son article sur les conflits socio-politiques entourant la question, hautement polémique à l’époque, de l’heure avancée. Cette réflexion très originale sur le temps sera poursuivie ici par l’analyse de l’expérience de classe des ouvriers au XIXe siècle montréalais, à travers la régulation du temps de travail. La contribution de J. Rudy pourra montrer comment la libération du temps a pu participer à la constitution de nouvelles formes de citoyenneté. La présence de J. Rudy permettra, en outre, de maintenir le lien entre les travaux du CHRS et les chantiers ouverts par le Groupe d’histoire de Montréal, collectif d’histoire sociale dont il est un des représentants très actif.

Lire la suite…

La santé au travail, réforme sociale et citoyenneté au travail, dans le cadre de l’Organisation internationale du travail, 1920-1940

Isabelle Lespinet-Moret
Mercredi le 31 août à 15 h 30

Isabelle Lespinet-Moret a publié récemment un ouvrage collectif sur l’histoire de l’Organisation internationale du travail (2011) et finalisera bientôt un manuscrit sur ce sujet. Elle propose ici une communication consacrée à l’établissement des droits pour la santé des travailleurs au sein de l’OIT dans l’entre-deux-guerres. Cette présentation montrera néanmoins que cette citoyenneté au travail, promue par des instances transnationales comme l’OIT, est une citoyenneté fracturée par l’inégal accès au statut de citoyens des travailleurs à l’échelle mondiale, que ce soit en situation coloniale ou de ségrégation raciale. 

Lire la suite…

Les débats moraux autour des projets de lois sur l’avortement et la tentative de suicide au Canada, 1969-1972

Isabelle Perreault
Vendredi le 2 septembre à 13 h 30

Membre de longue date du CHRS, la criminologue Isabelle Perreault est spécialiste de l’histoire de la santé mentale, du corps et des régulations sociales. À partir des débats tenus à la Chambre des Communes, elle analysera ces questions hautement sensibles que sont la décriminalisation de l’avortement et du suicide. Perreault éclairera ainsi une mutation importante de la question sociale survenant dans ces décennies où les moeurs se transforment de manière accélérée. L’affirmation contestée du droit à disposer de son propre corps et de sa vie marque, en effet, une profonde redéfinition des normes au sein de la société canadienne de l’époque. Alors que les liens entre corps, moralité et citoyenneté seront abordés, la question du genre — transversale dans le colloque — sera aussi considérée.

Lire la suite…