Parcours psychiatriques transinstitutionnels en contexte culturel francophone

Marie-Claude Thifault
Vendredi le 2 septembre 2016 à 9 h

Chercheure dynamique reconnue pour ses travaux en histoire de la santé mentale et des femmes, Marie-Claude Thifault, membre du CHRS, est actuellement titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie canadienne en santé. Son ouvrage, Une toupie sur la tête, a été finaliste du prix du gouverneur général en 2008. Elle propose ici de se pencher sur le mouvement de désinstitutionalisation qui a marqué les politiques de santé mentale à compter des années 1960 au Canada. L’institution asilaire entend alors se rapprocher du secteur social « communautaire » dans le traitement des patients, et organise à cette fin des passerelles entre l’institution close et le milieu ouvert. Il s’agit de faire du malade psychiatrique un citoyen de plein droit, autonomisé, mais également responsabilisé.

C’est en parcourant les dossiers médicaux des patient-e-s hospitalisé-e-s au Département de psychiatrie de l’Hôpital Montfort, entre 1976 et 2006, que nous avons découvert la richesse des Notes d’évaluation psychiatrique complétées par les professionnels de la santé (psychiatres, psychologues, ergothérapeutes, travailleuses sociales, infirmières) de la clinique externe. Ces notes colligées dans les dossiers médicaux nous permettent de suivre le cheminement des patient-e-s vers une réintégration au sein de la communauté. L’analyse d’un microévénement tiré des Notes d’évaluation psychiatrie, en basant notre recherche sur le concept de l’histoire culturelle appréhendée par la microhistoire, permet de porter un regard neuf sur l’expérience de la déhospitalisation psychiatrique (transition entre l’hôpital et les soins communautaires). « Au-delà des institutions, cette approche vient féconder l’histoire des mobilisations collectives » (Van Damme, 2013 : 57) et nourrir tant l’histoire sociale que celle des sensibilités.

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