La santé au travail, réforme sociale et citoyenneté au travail, dans le cadre de l’Organisation internationale du travail, 1920-1940

Isabelle Lespinet-Moret
Mercredi le 31 août à 15 h 30

Isabelle Lespinet-Moret a publié récemment un ouvrage collectif sur l’histoire de l’Organisation internationale du travail (2011) et finalisera bientôt un manuscrit sur ce sujet. Elle propose ici une communication consacrée à l’établissement des droits pour la santé des travailleurs au sein de l’OIT dans l’entre-deux-guerres. Cette présentation montrera néanmoins que cette citoyenneté au travail, promue par des instances transnationales comme l’OIT, est une citoyenneté fracturée par l’inégal accès au statut de citoyens des travailleurs à l’échelle mondiale, que ce soit en situation coloniale ou de ségrégation raciale. 

La lutte pour la reconnaissance des maladies professionnelles et des accidents du travail est à replacer dans une conquête citoyenne que mènent les syndicats ouvriers dans les décennies 1920 et 1930, dans l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Je me propose d’élucider les argumentaires et les stratégies des syndicats des ouvriers pour défendre dans les décennies 1920 et 1930 la reconnaissance de maladies comme le saturnisme, la silicose, les cancers professionnels, la fatigue industrielle, etc., en tant que maladies professionnelles et pour obtenir leur prévention et leur réparation. La revendication de la santé au travail se fait sur le mode de la reconnaissance de la citoyenneté et par l’exercice de cette citoyenneté. La question de la santé des travailleurs débouche sur la protection sociale et sur une organisation du travail, donc sur la citoyenneté dans un État, mais aussi dans l’entreprise ou la branche industrielle, à l’image d’une citoyenneté internationale exercée dans le cadre de l’OIT.