Citoyenneté, État, sécurité publique : les limites de la liberté d’association au Bas-Canada, 1835-1838

François Deschamps
Mercredi le 31 août, 10 h 30

François Deschamps, étudiant au doctorat à l’UQAM, vient de publier un ouvrage important sur l’histoire de la violence au temps de la crise révolutionnaire des années 1830 au Bas-Canada. Il proposera une analyse de la constitution d’un « peuple républicain » dans le Québec des Rébellions, de 1835 à 1838. Dans un contexte de crise de l’État impérial britannique, avec un affaiblissement des institutions politiques et judiciaires, des groupes de citoyens, politisés, se forment. Cet associationnisme militant, non reconnu par le pouvoir colonial qui solde la question par une opération militaire de maintien de l’ordre, témoigne pourtant de l’invention d’un peuple républicain dans le Québec de la transition au capitalisme. Ces travaux neufs, proposés par un jeune chercheur, relèvent également de la valorisation de la formation universitaire dans les activités de recherche du CHRS.

Les années 1830 à Montréal et dans les villages environnants marquent le passage de la société québécoise naissante à travers un moment républicain. Sur fond de dégradation de l’autorité impériale et de paralysie des institutions parlementaires et judiciaires, ces années se caractérisent par les menaces croissantes de violence organisée et le recours effectif aux armes opposant deux factions rivales regroupées dans des associations paramilitaires non reconnues par l’État : le British Rifle Corps et le Doric Club (1835-1838) du côté du British Montreal ; les Fils de la Liberté (1837) et les Frères Chasseurs (1838) du côté canadien. Or, si les patriotes radicaux préconisent l’établissement d’une citoyenneté républicaine au Bas-Canada (Québec) en phase avec la culture américaine dominante, la faction ultra-tory semble coincée entre deux conceptions de la citoyenneté : le modèle cosmopolite britannique et un républicanisme à l’américaine.

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