Chômage et citoyenneté à Montréal, 1929-1939

Benoit Marsan
Mercredi le 31 août à 13 h 30

Benoit Marsan, candidat au doctorat en histoire du CHRS (boursier FRQSC) et chargé de cours à l’UQAM vient de publier un ouvrage sur la lutte des chômeurs québécois pendant la crise des années 1930. Il propose ici d’analyser le rôle de la mobilisation des « sans emploi » dans la construction du problème social qu’est le chômage. C’est grâce à cette mobilisation citoyenne, à cette demande de droits et de justice sociale, que le principe de l’assurance, dans les années 1930, va acquérir une véritable légitimité. Le chômage, paradoxalement, devient constitutif de l’identité de classe des travailleurs québécois, en tant que risque partagé dont il faut pouvoir se prémunir.

Avec la généralisation du salariat, le chômage devient inséparable de la condition ouvrière. Cependant, il faut attendre 1940 au Canada pour que se dessine timidement un « droit au chômage ». Au XIXe siècle et dans la première partie du XXe, le chômage est toujours perçu au Québec et au Canada comme relevant de la responsabilité individuelle, et non comme étant un phénomène social et économique propre au capitalisme. À partir d’une historiographie récente en plein développement sur les sans-emploi (Reiss, Perry, Thompson, Campbell, Palmer, Héroux, etc.), cette communication propose de porter un regard historique sur l’évolution et l’interaction entre travail, chômage et citoyenneté au Québec et au Canada, ainsi que d’observer comment les protestations de sans-emploi ont permis de transformer les discours à l’égard du chômage, ainsi que le traitement des sans-emploi, des institutions de secours à la Loi sur l’assurance-emploi.

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